Commentaire de l'Esprit subjectif, Chapitre 20

Ce qu’est la conscience (§§ 413–417)

La détermination est une indication de position : la conscience constitue « le degré de la réflexion ou du rapport de l’esprit, de lui-même en tant qu’apparaître » (§ 413).

Apparaître ne signifie pas ici illusion. Cela signifie que l’esprit se tient face à lui-même — il est là pour soi, mais comme quelque chose qu’il distingue de soi.

Ce qu’est le Je dans ce mouvement, le § 414 le dit : « seulement son idéalité abstraite, formelle » — pas encore de contenu, seulement la forme du rapport de soi à soi.

Et de là découle la particularité qui détermine toute la partie (§ 415) : parce que le Je n’est qu’identité formelle, le mouvement du concept ne lui apparaît pas comme sa propre activité. Il en fait l’expérience comme changement de l’objet.

Voilà l’indication décisive : la conscience tient pour une propriété de la chose ce qui est sa propre constitution. Qui tient la certitude sensible pour ce qu’il y a de plus certain attribue à la chose ce qui relève de son rapport à elle.

Le cours l’exprime encore plus nettement. Au § 332 de la première édition :

« Nous avons vu que le distinguer, le se-déterminer, cette négativité du Je n’est que pour nous, pas encore pour le Je ; les déterminations de l’objet sont données au Je, ou sont ses activités, ce qui n’est d’abord que dans l’esprit. L’objet est quelque chose de donné, et comme il est déterminé, la conscience aussi est déterminée. »[1]

Le « pour nous » revient ici — la même distinction que dans le § 381, maintenant à l’intérieur de la phénoménologie : nous voyons ce que fait la conscience ; elle-même ne le voit pas.

Et Hegel nomme le point de vue par son nom : « À cet autre le Je est rapporté, c’est là le rapport, le point de vue de la contradiction » (§ 329). La conscience est la contradiction des côtés indépendants — et c’est pourquoi elle ne peut pas rester où elle est.

Le but est déterminé en conséquence (§ 416) : « rendre identique cet apparaître qui est le sien avec son essence, élever la certitude de soi-même à la vérité. »

La certitude est ce que l’on tient pour vrai. La vérité est ce qui se maintient. Tout le parcours est le trajet entre les deux. [KF]


  1. Vorlesungen über die Philosophie des subjektiven Geistes, sur les §§ 329–332 de la première édition (= §§ 413–415) : GW 25.1. ↩︎