Commentaire de l'Esprit subjectif, Chapitre 6
La structuration de l’esprit (§§ 385-386)
Hegel énumère trois formes, et le principe est le même que dans la philosophie de la nature : un rapport à soi croissant.
I. L’esprit subjectif — « dans la forme du rapport à soi-même », de sorte que ce qui constitue son concept devient pour lui, et que son être consiste à « être auprès de soi, c’est-à-dire libre ».
II. L’esprit objectif — « dans la forme de la réalité comme d’un monde qu’il doit produire et qu’il a produit, dans lequel la liberté est présente comme nécessité ». Ce sont le droit, la moralité, l’éthicité — l’objet de la philosophie du droit.
III. L’esprit absolu — l’art, la religion, la philosophie.
Une phrase intercalée, souvent négligée à la lecture (§ 384) : la révélation de l’esprit libre serait « le fait de poser la nature comme son monde ; un poser qui, en tant que réflexion, est en même temps le fait de présupposer le monde comme nature indépendante ».
Les deux à la fois — poser et présupposer. L’esprit fait de la nature son monde et la trouve en même temps comme indépendante. Ce n’est pas une contradiction, mais la détermination même de ce qu’on appelle appropriation : on ne s’approprie que ce qui ne se plie pas de soi-même.
Sur la finitude : les deux premières parties traitent « de l’esprit fini », et Hegel détermine précisément ce que cela signifie : « l’inadéquation du concept et de la réalité » — mais avec cette précision que cette inadéquation « est l’apparence à l’intérieur de lui, — une apparence que l’esprit se pose en soi comme une limite, afin d’avoir et de savoir pour soi, en la supprimant, la liberté comme son essence » (§ 386).
La limite est posée par l’esprit lui-même. Ce n’est pas un enjolivement, mais une détermination : ce qui limite l’esprit ne le limite qu’aussi longtemps qu’il ne le reconnaît pas comme sa propre position.